Hommage de P. Boy à Delacroix, chasse au Bitcoin





Chez Urbrain, on est toujours à l’affût des nouvelles idées dans le monde du street art. Pour une fois, ce n’est pas dans la rue mais en traînant sur le Huffington Post qu’on est tombé sur cette idée un peu folle du street artiste Pascal Boyart (alias P. Boy) : cacher une énigme dans une œuvre d’art, avec un prix à la clé.



L’œuvre en question - qu’il a choisi de réaliser rue d’Aubervillier, dans le 19e arrondissement de Paris - est inspirée de “La liberté guidant le peuple”, le célèbre tableau de Delacroix, avec des personnages habillés de gilets jaunes et armés de boules de pétanques et de barres de fer. Une fresque qui représente bien la violence des affrontements de ces derniers mois, sans complaisance ni complotisme, et qui rend hommage au peintre romantique.





P. Boy est connu pour ses œuvres associant nouvelles technologies et techniques de peinture traditionnelles, et qui interrogent la frontière entre réel et virtuel. Il a notamment été un des premiers artistes à intégrer des QR codes dans ses travaux, pour ajouter du contenu digital (texte, audio, vidéo, application ou jeu en ligne) ou pour permettre aux amateurs de faire une donation en bitcoin.


Aujourd’hui, c’est lui qui donne à un spectateur via cette nouvelle forme de paiement à la fois transparente et sécurisée : dans sa fresque était cachée une clé permettant de débloquer un prix de 0,2891 bitcoins, soit environ 1000$. L’énigme faisait appel à des connaissances très pointues en cryptographie, et même après qu’elle aie été publiée sur son site, très peu de gens ont compris la réponse (en ce qui me concerne je n’ai pas compris ¼ des explications).






Au-delà de l’énigme, l’artiste attire notre attention sur des sujets et problématiques cruciaux difficiles à aborder : la financiarisation de l’économie, les inégalités croissantes des pays occidentaux, et l’émergence de technologies comme le Bitcoin qui ont le potentiel de renverser la vapeur et d’inverser le rapport de force entre les individus d’une part, et l’argent et les institutions (publiques et privées) de l’autre.